5 mars 2010

Les petits trucs du jeu en live (2)

      
Allez, suite et fin de notre petit catalogue de trucs et astuces pour le jeu live:


5) Si une carte se retourne pendant la donne, elle fait office de carte brûlée avant le flop et le joueur se voit donner celle qui normalement aurait dû être brûlée. Sauf dans le cas où elle est flashée pour un des deux premiers joueurs. Dans ce cas, il y a "misdeal" et le jeu est rabattu, recoupé et les cartes redistribué (là, non plus, il n'y a pas de règles universelles; chez certains organisateurs, ça peut être valable pour les trois premiers joueurs).

6) Après un split pot, le jeton "de trop" est donné au joueurs qui est le plus proche de la place de dealer pour le coup en question. Ben oui, en général, les organisateurs n'ont pas de scie sur place pour couper les jetons en deux...

7) La plupart du temps, la parole prime sur le geste. Annoncez toujours vos action, ainsi que le montant d'un bet ou d'une éventuelle relance. Cela évitera ainsi beaucoup de problèmes et de malentendus. En effet, la plupart des règles stipulent que si vous jetez un seul jeton au milieu sans rien dire, votre action sera considérée comme un call (ou un min bet, en cas d'ouverture du tour d'enchère). De même, si vous avancez plusieurs jetons, toujours sans rien dire, dont la valeur dépasse le min bet ou la relance, votre geste sera considéré comme un raise de la totalité de la somme de vos jetons. À titre d'exemple, je me souviens d'une anecdote très amusante: au Winter Event (20k de départ, 45 minutes de level), nous jouons le premier niveau (25/50). Deux joueurs sont dans le coup, il y a beaucoup d'action et, la rivière vient de tomber. Le premier de parole bet 1500, soit le pot. Le deuxième tank un moment, prend trois jetons, les jette sur la table sans rien dire. La table entière à les yeux qui s'écarquillent. Numéro 2 vient de poser trois jetons de 5000 sur la table. Voyant notre réaction, il regarde sa mise, lève la tête, affolé, et bafouille qu'il s'est trompé de jetons, qu'il voulait juste call avec trois chips de 500. Ben non, l'ami, c'est un raise à 15k... Pour la petite histoire, numéro 1 était nuts...

8) Soyez poli, courtois et sympathique. Même si le trash talk rajoute du piment au jeu (et dieu sait que j'aime le pratiquer), il peut vous valoir diverses pénalités de la part du floor. Pas de chat ban en live, mais quelques minutes, ou plus, à passer loin de la table. Les pénalités peuvent aller jusqu'à l'exclusion du tournoi pour les cas les plus extrêmes (collusion, chip dumping, tricherie,...). Selon les endroits, il existe encore des coutumes locales dont le non-respect peuvent également entraîner des pénalités -demandez à Fred ou à Blueberry ce qu'ils pensent de la "spéciale Dublin"-; il est donc toujours bon de se renseigner sur les clauses de pénalités avant de s'asseoir à table.

9) Il est interdit de miser "in the dark" avant la donne. Par contre, rien ne vous empêche de parler de vos intentions à vos camarades de jeu et de vous exécuter à votre tour de parole...

10) Soyez à l'heure pour payer votre buy-in. Ça a l'air tout con comme ça, mais ça évite bien des désagréments pour l'organisateur et pour les éventuels joueurs en waiting list. Je suis arrivé une fois en retard de 39 secondes pour un registration. Blueberry a profité de la place laissée vide et... a gagné le tournoi. GG! Par contre, si vous avez payé à l'avance, rien ne vous empêche d'arriver après le début du tournoi. Vos jetons auront certes été amputés des blinds obligatoires, mais votre place est assurée. Au Masters, je suis arrivé à la fin du deuxième niveau (500/100) et il me restait 19300 jetons, largement de quoi parvenir en tf en terminer 4è.

Cet article n'a pas pour but de se montrer exhaustif. Il est simplement le reflet de ce que j'ai pu emmagasiner par expérience. Il existe encore nombre de règles pour le jeu live, mais je pense avoir fait ici le tour des plus communes... 

En tout cas, n'hésitez pas à partager vos expériences et autres anecdotes avec les lecteurs de ce blog.




3 mars 2010

La loi suisse évolue...

Ou pas. Et je ne sais pas quoi en penser. Le Parlement suisse a, aujourd'hui, approuvé le texte suivant, contre l'avis du gouvernement :

Texte déposé

Le Conseil fédéral est chargé de légaliser par la voie législative la participation à des tournois de poker dans des cercles privés de même que l'organisation de tels tournois.

Développement

Depuis plusieurs années, le jeu de poker connaît dans tous les pays un boom qui a également touché la Suisse. Selon certaines estimations, plus de 200 000 personnes s'adonneraient régulièrement à ce passe-temps dans notre pays. Les chaînes de télévision consacrent tous les jours plusieurs émissions au poker. L'engouement pour les tournois de poker organisés dans et en dehors des casinos est énorme, et depuis peu on trouve un grand nombre de sites Web consacrés au poker. Dans notre pays, la plupart des joueurs s'adonnent actuellement au poker dans un cadre privé, avec des amis et des connaissances. Les mises, qui font l'intérêt du jeu, vont en règle générale de 5 à 100 francs.
Or, comme le poker est considéré chez nous comme un jeu de hasard (exception faite des tournois autorisés par la CFMJ), toute personne qui organise un jeu de poker est punissable - mais pas les participants - en vertu de la loi sur les maisons de jeu. Cette approche est dépassée. En effet, les chances de gagner au poker ne dépendent de loin pas uniquement du hasard, mais aussi de l'adresse du joueur, de ses capacités d'évaluer les probabilités de gain et de facteurs psychologiques. Partant de cela, le poker ne devrait plus être considéré comme un jeu de hasard, mais comme un jeu d'adresse légal, ce qui permettrait de sortir de l'illégalité les parties de poker organisées en privé. Les nouvelles dispositions légales devront prévoir un plafond pour les mises engagées.

Réponse du Conseil fédéral du 07.05.2008

En 1993, le peuple et les cantons ont levé l'interdiction de pratiquer des jeux de hasard pour de l'argent, en place jusqu'alors. La levée de cette interdiction est entrée en vigueur le 1er avril 2000, avec la loi sur les maisons de jeu de 1998, édictée sur la base du référendum. La loi sur les maisons de jeu concentre l'organisation de jeux de hasard pour de l'argent dans les maisons de jeu bénéficiaires d'une concession et rend punissables l'organisation et l'exploitation par métier de jeux de hasard en dehors de ces maisons de jeu. Car seule une telle concentration permet d'atteindre les buts de la loi, soit assurer une exploitation des jeux sûre, empêcher la criminalité et le blanchiment d'argent, et lutter contre les conséquences socialement dommageables du jeu.

Conformément au message du Conseil fédéral relatif à la loi sur les maisons de jeu, les jeux de hasard offrant des chances de réaliser un gain en argent ou d'obtenir un autre avantage matériel qui se déroulent occasionnellement en famille ou dans un cercle d'amis ne sont pas touchés par l'interdiction de proposer des jeux de hasard pour de l'argent en dehors des maisons de jeu concessionnaires. Aussi, lorsque la CFMJ est amenée à examiner de tels cas en tant qu'autorité de poursuite pénale, elle apprécie avec retenue la question de savoir si elle a affaire à l'organisation et/ou à l'exploitation de jeux par métier au sens de la loi.

La délimitation entre un jeu de hasard et un jeu d'adresse requiert souvent un examen approfondi. La CFMJ peut être appelée à tout moment à rendre une décision de qualification. Elle dispose d'une longue expérience en la matière. Dans certains tournois de poker, les éléments relevant du hasard passent à l'arrière-plan au profit de l'adresse. De tels tournois doivent être qualifiés de jeux de hasard, et non de jeux d'adresse, et peuvent donc être organisés légalement partout en Suisse. C'est pourquoi tout organisateur de tournois de poker a la possibilité de faire examiner par la CFMJ la conformité à la loi d'un tournoi concret. Si la CFMJ rend une décision positive, le tournoi peut être organisé sur l'ensemble du territoire suisse, sous réserve d'éventuelles restrictions cantonales. Les milieux intéressés savent que cette possibilité, mentionnée sur le site Internet de la CFMJ, leur est ouverte. S'agissant des "Cash-Games" de poker - parties indépendantes jouées pour de l'argent -, l'obtention d'un gain lors de chaque partie dépend de manière prépondérante du hasard, même si certains aspects du jeu relèvent de l'adresse. De tels jeux sont des jeux de hasard au sens de la loi, et peuvent donc uniquement être proposés par des maisons de jeu au bénéfice d'une concession. Les personnes intéressées ont ainsi la possibilité de jouer à des "Cash-Games" de poker au sein des maisons de jeu.
Vu les bases légales existantes et la marge de manoeuvre disponible, il n'apparaît pas nécessaire de procéder à la modification législative visée par l'auteur de la motion. Il devient dès lors superflu d'examiner la question de l'introduction d'une limite des mises pour les jeux de hasard proposés en dehors des maisons de jeu. Non seulement, la modification législative proposée par l'auteur de la motion ne répond à aucune nécessité, mais elle violerait l'esprit de la loi et briserait la cohérence du système légal en place. Créer une disposition qui soumettrait le poker, et lui seul, à un régime d'exception créerait une inégalité de traitement injustifiée qui entraînerait notamment une forte insécurité juridique. Une telle modification législative déploierait des effets diamétralement opposés aux buts légaux, et briserait un système qui a fait ses preuves.

Déclaration du Conseil fédéral du 07.05.2008

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.



Voilà. Il faut savoir que, chez nous, il existe une commission qui, depuis 2007 déjà, est chargée de délivrer des autorisations pour l'organisation de tournois de poker en dehors des casinos. Cette autorisation, délivrée après étude d'un dossier complet, se base notamment, et entre autres, sur le statut de jeu d'adresse (contrairement à un jeu de hasard pur) du poker de tournoi -le cash game étant toujours considéré comme un jeu de hasard; allez comprendre...-. À l'époque, les casinos, se voyant délester d'une potentielle poule aux oeufs d'or, avaient fait recours contre cette commission, mais avaient perdu en appel devant le tribunal de la plus haute instance suisse. Ils gardaient toutefois le droit d'organiser des cash games comme bon leur semblait. Cependant, aucun d'eux (Barrière à Montreux, Tranchant à Bâle pour ne citer que les plus grands) n'ont réellement fourni l'effort nécessaire à la tenue de tournois de qualité dans leurs murs. Structure turbo et rebuy à gogo étant leur leitmotiv. Les choses changent toutefois un peu ces derniers temps, mais les casinotiers, en terme de structure et de capacité d'accueil, restent encore bien loin de certains organisateurs de tournois privés qui, eux, maîtrisent leur sujet. 

Le texte, soumis au vote aujourd'hui, propose simplement de ne plus passer par cette commission et de légaliser le poker, parce que c'est un jeu d'habileté, de technique et de stratégie avant tout. Si ce texte passe la rampe, on peut rêver d'avoir un grand tournoi international dans nos contrées, qui sait? Bref, la bataille politique est lancée et ce n'est qu'un début, puisqu'en Suisse aussi, on va bientôt statuer sur les jeux d'argent en ligne. 

Que d'émotions, que d'émotions...

Bet 300... Raise.. 1'100... All-in! Chhhht!...

Monster Bluff



More fish


Halte-là; stop! C'est la minute "culture poker". Juste pour vous parler d'une chanson qui, pour une fois, ne prend pas le poker pour simple alibi. Sortie en 2006, elle est l'oeuvre de Ghostface Killah, rappeur membre du Wu-Tang Clan, et décrit deux parties de poker, entrecoupées d'extraits audio du film "Les Joueurs" ("Rounders") qui reste comme le seul long métrage potable sur le sujet. Pokerface, à ne pas confondre avec le tube de Lady Gaga, se trouve sur un album au titre très évocateur de l'attirance que peut éprouver le rappeur pour notre jeu favori: "More Fish". Il n'existe malheureusement pas de clip de cette chanson, mais en voici tout de même les paroles, ainsi qu'un lien youtube pour pouvoir l'écouter:


"Pokerface"
(feat. Shawn Wigs)

[Intro]
This is why the World Series of Poker
Is decided over a no limit poker tournament
Players, pro's even, can't handle the pressure of the game
They consider no limit the only pure game left

[Chorus: Ghostface Killah]
We gotta know how to play your cards, have a mean poker face
And know an ace deuce can take out your pocket broads
This is no limit hold 'em, you gotta know when to fold 'em
If you plan on, staying on top
You can't lose, what you don't push into the pot
You can't make much either, if you a believer of luck
Go all in, if you're feeling your cards, deep in your gut

[Shawn Wigs]
It was a late Saturday night, big chips, we had a lotta
Theodore performed at the Plush Brigatta
It was an hour in, big chip leader of the game
Caught pocket jacks and flopped two more of the same
Looking at quads, waiting for someone to bluff
So I checked til someone said "I had enough"
I'm raising a thousand, son I pay to see the river
Caught an ace and his face, was a straight up giver
He had three now, must of caught two in the hole
A full boat, I'm about to sink ship, tell him to fold
He laughs, raises his fifty g's, please I need chip count
The pit boss, swear I flip over, you gon' flip out
I'm all in, here to win, I rep Staten Island
He called it, I showed four jacks, he started wilding

[Interlude:]
This son of bitch..
All night, he set me up, he check, check, he trapped me!

[Chorus]

[Shawn Wigs]
It was a cash game, 100/200 dollar table
Me and Johnny Mack sitting, God willing and able
July 23rd and 4th, the lions is out
It's the month of the Leo, we gon' win with no doubt
Bunch of high rollers, laughing like he know we're low in the amateurs
I buy him for the macks, twenty G's, I'mma damage ya
Couple of chuckles, broken glasses, all tinted
I'mma put ya'll all on tilt, give me a minute
So I check raise 'em, bluff 'em, ain't showing my cards
Two four off two, ya'll ain't no superstars
I should of been at the table, World Series of Poker
I'm up 80 G's already, ya'll a bunch of jokers
Now they all on tilt, raising, I call 'em all in
With pocket three's, for 80 G's, I'm ready to fall in
Flop two aces, caught my three on fourth street
A four hundred thousand dollar pot boy, life's sweet

[Chorus]

[Outro]
He beat me.. straight up
Pay him, pay Shawn Wigs his money 



 Bel effort, isn't it?

1 mars 2010

Oui, mais...


Content, mais gros sur la patate. Voilà le paradoxe qui m'anime ces derniers jours. La semaine qui vient de s'achever fut également tout en nuances. Il faut dire que mon jeu subit de profonds changements ces temps; j'ai l'impression d'entrer dans une autre dimension, même s'il y a toujours des moments, au sein d'une même session, où mes points faibles ressurgissent. J'ai longtemps -et le suis encore- été considéré comme un joueur tag, comme une vraie serrure et j'ai cherché à varier mon jeu. Cela s'est fait pas étape, bien sûr, -et c'est loin d'être fini-, et le processus de mutation -tout joueur a connu ça, je pense- me "travaille" beaucoup. Je cherche ce qui ne va pas, essaie de l'améliorer, puis passe à la chose suivante. Souvent, les premières étapes sont à refaire et j'ai l'impression de ne pas avoir avancé, mais globalement, je suis assez satisfait d'avoir entrepris ce gargantuesque chantier.

Au niveau tournoi, sur les sept derniers jours, j'ai gagné un sit'n go live, pour 500 CHF, puis, j'ai passé une journée extrêmement frustrante lors d'un tournoi, samedi. 20K de stack de départ, round de trente minutes, tout était réuni pour passer un bon moment autour des tapis verts. Malheureusement, ce fut pour moi un désert de cartes, et je n'ai dû ma survie qu'à l'arrachage culotté de plusieurs coups (dont un hero call sur board avec !!) pour finalement crever au poteau à la 16è place (7 payés). Même si mon jeu bouge, quand on n'a pas de cartes, on a beau être "créatif", ben, ça merde quand même. Online, je fais deux deep runs sur des 26$ sur FT. Une 25è place sur 2239 concurrents et une 40è sur 1012, pour un total de 200 malheureux putain de dollars. Rien à dire sur le premier, je sors avec AQ contre les KK, mais sur le deuxième, j'ai eu de la peine à dompter mon surplus d'agressivité. Je split un coup avec KK contre AK, puis suis de small blinds 4 ou 5 mains plus tard. J'ai environ 30k aux blinds 1.2/2.4/300, moyenne 65k. J'ai J4 et tout le monde fold jusqu'à moi, mon voisin de gauche possède sensiblement la même chose que moi. Et là, je décide de steal. Boîte. Payé par A8. Pas de miracle. Le braquage tourne au vinaigre et je n'irai pas plus loin alors que je me sentais bien dans cette fin de tournoi, malgré mon tapis maigrichon. Merde, pourquoi a-t-il fallu que je tente ce move à ce moment-là? 'Sais pas, m'sieur... Goût amer dans la bouche, même si je sens que la perf' est proche. Et quand je dis la perf', c'est LA perf'... Wait and see.

Niveau cash game, je me suis envoyé 1100 mains+ entre hier soir et aujourd'hui, avec un très joli bilan de +488$ sur ces sessions dont la moitié ont eu lieu en NL50 et l'autre en NL100. Là aussi, je m'étonne des influences des petits ajustements dont j'ai parlé plus haut. Je suis plus LAG (31% de VPiP sur une des sessions) qu'avant et maîtrise mieux le jeu postflop, ce qui fait une énorme différence à ce niveau-là. Le cg étant clairement un de mes points faibles, je suis content de pouvoir enchaîner quelques sessions ces temps; mais je suis tout-à-fait conscient que je vais me prendre un retour de variance dans la gueule un de ces quatre. Encore une fois, wait and see.

Je vous laisse, en espérant que les regs de ma room live ne vont pas lire cet article...

Ah, et ça se précise pour ma toute petite ligne hendonmob -mais dont je suis assez fier-, ce ne devrait être qu'une question de jours.