Autant le dire tout de suite, non, ça va pas mieux. À part un crouille (helvétisme inside) ITM sur un 22$ deepstack, rien n'est venu égayer mes sessions depuis la dernière dizaine de jours. Je break even sur mes sessions de sit'n go et je joue aux montagnes russes en CG, sans décoller vraiment. Les MTT ? Mouarf... Les MTT, quoi...
J'ai donc pas vraiment grand chose à dire, mais je vais profiter de cette non communication sur mes résultats pour disserter sur un phénomène né du black friday, ou le retour du poker ABC. Les Français connaissent bien ce genre de choses, puisque, avec l'entrée en vigueur de la loi que l'on va nommée ARJEL, ils ont vu des tonnes et des tonnes de débutants débarquer sur leur tables (à raison de 70-80 kilos par débutant mâle, un peu moins pour les débutantes femelles). Ce débarquement, fortement nourri par les pubs de l'épée en plastoque orange, a entraîné des conséquences sur le jeu des regs. Au niveau du cash game, les différentes limites s'en sortent encore pas trop mal, puisqu'elles sont surtout habitées par des wannabe regs qui veulent monter un BR. Certes, les visiteurs occasionnels vont et viennent, laissant ci et là quelques caves au plus grand bonheur des mecs qui attendent la gueule ouverte. En petites et moyennes limites, pas besoin d'être skillé à donf pour avoir sa part du gâteau. Jouer ABC suffit bien souvent. Là où la bât blesse, c'est quand on ne joue que des MTT et des SNG. Si l'on considère (1) la variance propre à ces formats, (2) la débilité intrinsèque des adorateurs de l'épée, venus spew 20, 30, 50 ou 100€ et (3) leur "inculture" poker, y a de quoi se broke et péter un câble.
Ou s'adapter. S'adapter veut dire, en tout cas en ce qui concerne les 10-50€ (même si j'ai vu des trucs horribles en 100+), oublier tout ce que l'on a engranger en terme d'expérience, de technique et de stratégie. S'adapter veut dire jouer, là aussi, un poker ABC, en tout cas dans les early stages de l'épreuve en question. Pas de 2 ou 3 barrels bluffs sur des boards impayables pour top ou second paire, moins de cbet si miss flop, pas de C/R avec air, une grosse résistance au donkbet et une grosse (aussi) paire de couilles pour payer le bet pot river en bluff du vilain. Parce que ça, le donk bet pot, il sait faire le fish !
Des bans entiers de poissons débiles sont venus squatter les plages françaises, je devrais m'en réjouir. Ben, j'y arrive pas. Mea culpa, c'est clair. Je ne suis pas en train de me plaindre ici de ces fields de mono-neurones, juste de mon incapacité chronique de revenir à des bases pokériennes simples. Rien ne sert de parler dans une langue que votre interlocuteur ne comprend pas; et c'est pourtant ce que je fais sur les tables de Winamax. Go tilt, gobroke. Et c'est pas la première fois que j'essaie.
Le pire, dans cette histoire, c'est que, pour moi qui ai le privilège de jouer encore sur les sites en .COM, le phénomène s'est étendu à Pokerstars, la seule room où j'évolue. Les Américains, dont le niveau au poker n'est plus à prouver, étant partis, il nous reste des hordes de joueurs venus de l'Est, quelques Ibères et autres Lusitaniens, des Germains et des Roastbeefs maniaques. Avec pour conséquence, là aussi, un nivellement par le bas du niveau de jeu . D'où nécessité d'adaptation. D'où poker ABC pour les SNG et MTT compris entre 11 et 55$. J'ai vu des hérésies sur PS, ces derniers temps, notamment au niveau technique pure. Des limps/calls en SNG avec 6bb au début du coup, des calls de 3bet preflop hors position avec des stacks inappropriés, genre 14bb et moins... Et pas de stop and go, non, juste un call pour "voir un flop avec 78", j'imagine, juste pour faire chier... Toi, t'es là, tout content de ton 3bet-je-veux-que-tu-shove-ou-fold-mec... Ben, non, lui, le mec, il calle. Il fait le truc le plus improbable du monde dans cette situation... Ou il paie deux barrels avec 44 sur un board KJ9-8-2... (Toi, t'as AQ, of course...)
Pour remettre les choses en place, quand tu touches, bien sûr, c'est le bonheur. C'est FedEx, UPS et Chronopost en même temps. Mais le reste du temps, tu peux oublier pour outplay tes adversaires. À nouveau, le long terme et toutes ses conneries feront que je serai gagnant sur ce field. Je suis un joueur gagnant (ouaiiiisssss !....). Mais je ne suis pas sûr d'arriver à retrouver un poker ABC pour triompher.
Pis, ça m'emmerde, aussi, de jouer comme je jouais il y a 3 ans.
C'est un problème psychologique, c'est sûr. Il faut que je trouve la clé, parce là, je commence à devenir un végétarien du poker, je ne mange même plus de fishs.
Des fois, j'aimerais avoir la persévérance de Lesage :
Broke sur Winamax! J'ai dû redeposite... Mais je suis tenace: je vais bien finir pas trouver la manière de battre ces bancs de pescaille...
[avertissement: le billet est long, mais il vaut la peine, à la fin, je dis que je suis nul au poker...]
Nonodu74: aha, regarde chérie, il a relancé, je vais payer.
Sa femme: je sais que je connais pas grand chose au poker, mais 10 et 2, c'est pas super terrible comme cartes, non?
Nonodu74: l'important, c'est pas les cartes...
(flop: 742)
Nonodu74: j'ai le deux, je mise, pot. Il me relance tapis... Il va voir, call! Il a deux valets...
(turn: 2)
Ouiiii ! tu vois chérie, l'important c'est pas les cartes!
Sa femme: Bravo, mon Nono, t'es le meilleur! -smuitch-
Another time, same place:
93shark93: paire de 10. Je suis en petite blinde, j'aurai la position après le flop. Call.
(flop: AK5)
hmm.. il a rien, ce fish, c'est sûr. Je mise. Quoi, il me relance ? Je paie, tu bluffes.
(turn: 10)
merde, ça fait rentrer une quinte. Check. Il mise.. Je paie, je peux faire full.
(river: J)
je checke, trop dangereux. il checke aussi... Yes, il a As-Roi ! J't'ai niqué, mec.
Merci winamax, pour m'avoir permis de me mettre dans la peau de Nono et de Shark, alors qu'ils me faisaient des trucs soit horribles, soit que je ne comprenais pas. C'est d'ailleurs une constante sur cette room, je ne comprends rien. Rien au jeu, rien à ce que font mes adversaires, rien à la dynamique de la tables, rien de rien... Ça doit être culturel. Tout comme l'est certainement le 3bet shove 14'000 sur 50-100, après un raise à 400 (il y a deux aberrations dans cette phrase...). Bref, les MTT avec l'épée en plastoc orange, c'est pas facile, même les 100€.
En fait, je me suis bien défoulé dans le chat du "W" ces derniers jours. Toujours avec classe, faites-moi confiance. Mais bien défoulé quand même. Parce qu'on peut pas dire que je me fende la poire sur PS. CG, SNG, MTT, mon genou droit, ma cheville gauche, mon lave-vaisselle et le monde entier partent en couille. Vu l'influence que j'exerce dans les quatre derniers domaines, je vais disserter sur les trois premiers que je vais regrouper en un sujet (grand A, souligné en vert).
Je ne sais pas vraiment quand cela a commencé, ni comment. Mais je perds. Un paquet de pognon. Depuis 4-5 jours. Il y a, bien sûr, les mauvaises configs et les bad beats (point 1, souligné en vert). Nonodu74 et sharkdemes2 en savent quelque chose. Rien de bien extraordinaire, d'ailleurs je run sous l'EV. Mais, et c'est là que c'est grave, même en tenant compte de l'EV, je suis perdant en CG (-200$), toutes limites confondues, all-time. Bon, c'est vrai que ça a jamais été ma spécialité, mais je croyais m'être amélioré. J'ai même acheté l'ebook d'Artply, c'est pour dire. J'ai joué un gros volume sur mai, 6 tablant mes sessions la plupart du temps. Je suis revenu à quatre tables sur la fin, pour mieux me concentrer et réfléchir à tous les coups. J'ai tenu le cap un moment, puis... patacra... deux, trois bad, le tilt. Des calls à la con, des 4bet débiles, etc.
Ça a toujours été un problème pour moi, le tilt. Mais là, il s'est insinué au plus profond de moi. Je souffre du tilt latent (point 2, souligné en vert), celui qui fait qu'on croit qu'il est pas là... et-qui-ressort-du-placard-comme-un-polichinelle-du-tiroir... euh, non... comme-un-renard-la-nuit-sur-une-route-de-campagne. Bref, celui qui fait que tu sais pas que t'es en tilt et, qu'en fait, tu dors avec, tu te réveilles avec. Fin du point 2.
Une des raisons qui fait que je perds depuis quelques jours, c'est, dernièrement, je l'espère, que je suis mauvais (point 3, souligné en vert). Des SNG à perte de vue sans un ITM, des MTT par poignée sans perf, une bankroll qui descend... Je n'ai pas revu mes hand history. Je n'ose pas. Mais la plus plausible des explications reste celle qu'on ne veut pas entendre: "t'es mauvais." Mouais. Je me force à le dire et à l'écrire, je suis mauvais. Du moins, sur les derniers jours. J'ai regardé aujourd'hui encore une vidéo de Clément Thumy (victoire dans le super tuesday, l'année dernière) qui m'a fait réfléchir à mes dernières sessions. Au final, le tableau se laisse à peine regarder.
EN MTT: des coups joués avec des mains inappropriées dans de mauvaises positions (dans de bonnes, parfois aussi), une tightitude-modèle quand il faut élargir le jeu, et vice-versa, plein de mauvais timing (pas vraiment de ma faute), la cagoule m'empêchant de réfléchir de manière objective, trop d'émotions dans le jeu... et au final, un jeu "à la reculette", empreint de pessisme et sans prise de risque aucune. À chaque main, je me demande quel set up je vais me prendre dans les dents... Du coup, je ne joue pas bien. Vraiment pas bien. Je suis devenu passif sur mes dernières sessions, laissant l'agressivité au vestiaire. Je suis mauvais.
En cash game: c'est un peu l'inverse, c'est la fête du slip. Trop large, trop agressif, trop nul. C'est fou le mal que j'ai à lâcher mes petites et grandes blinds. Et mes petites paires. Et mes suited connectors. Et mes one gapers, Et les autres. Bref, je suis mauvais là aussi.
La solution à tout ça ? Comme d'hab', une pause. Le plus dur sera de la respecter. Comme d'hab'.
Hahaha, qu'est-ce que je me suis fendu la poire ces derniers temps ! Bah, en fait, pas tant que ça. Ou plutôt si. J'sais plus... Bon, je vais essayer de remettre les choses en ordre.
Ah oui, j'ai gagné un MTT, y a pas longtemps. Trompettes, flon flon, 'we are the champions': je suis à Wembley, sans avoir payé ma place, c'est cool. Quelques dissertations sur le bon usage à faire de ma nouvelle bankroll plus tard et c'est déjà le moment de remettre le bleu de travail. J'ai participé à très très peu de MTT depuis, en fait. Quelques tentatives, sans grand succès (ah, si, y a un petit truc: je ship un ticket à 215$ dans un sat 5$+R de 7stud HiLo; une autre de mes passions), mais la flamme avait disparue; aussi étonnant que cela puisse paraître. C'est un peu comme si ta Guiness avait passé un peu trop de temps à chauffer sur le bar ou que, après les terribles froideurs des soirées d'hiver, la chaleur accablante du mois de mai te faisait préférer la Corona à cette pauvre Stout noire, délaissée. Du coup, me fallait trouver un palliatif.
Je retourne à mes sit'n go fifty50 en série, mais je ramasse un peu et mon ROI chute inexorablement* (les prémisses s'étaient déjà fait remarquer avant mon 'Wembley 66', ceci dit); je décide, après quelques tergiversations entre moi, de retourner m'asseoir aux tables de CG et de ne faire que ça. J'ai (plus que) la roll pour jouer en NL50, mais, à la lecture de stats sur mon tracker, et suivant une certaine volonté de faire les choses 'comme il faut' pour une fois, je me dis que ce serait dommage de s'installer à ce niveau sans avoir joué 10k hands en NL25. Mon tracker affiche 4.4k hands, tranquille, j'attaque, je grinde et voilà, j'arrive à la barre symbolique des 10'000 mains.
Super, tchouf-tchouf* (je sais l'échantillon est trop faible et le chiffre de 8.8 bb/100 est pas représentatif, mais je m'en tape, j'attaque la NL50) ! Donc voilà, je m'installe en NL50 sur 6 tables sur lesquelles je croise, de temps à autres, le célèbre (en tout cas dans un certain milieu) maxtamines. Les 5'000 premières mains se passent plutôt bien, +500$ en étant sous l'E, un bon vieux good run. En ce dimanche, catastrophe. 1'700 mains dont les deux tiers ont constitué un parcours standard: je perds un peu, je gagne un peu, ça déroule. Puis, la malédiction*.
Le retour des setups, les rivières qui me font pleurer, puis, le tilt. Pourtant, je gérais bien, au début. Des 'hero pot control' au non moins 'hero fold', je pense endiguer la frustration, mais voilà... Coup sur coup, je perds deux quintes versus full. Une fois sur 7768xx face à 7-6 (standard, le mec joue bien le coup aussi) et l'autre sur un flop KQJ où j'ai AT. Les jetons partent au milieu, il a KQ, rivière K. Happens. Next hands. xQQ quand j'ai AQ en BvB, c'est cool, sauf que l'autre a KK et me donne son argent au flop. Turn K. Bon. On se marre déjà moins, commence à me coûter cher, ce dimanche.
Le reste ne sera qu'un remake du retour de l'âne. Ou de la nouille. Ou des deux. Je me suis mis à faire hi-han en cuisant dans un bouillon de légumes (et en perdant 1-2 caves de plus, obv). C'est fou, je pensais pas que je puisse si facilement retomber dans mes travers de jeune joueur (d'il y a 3-4 ans) et pourtant... Easy game.
Je stoppe l'hémorragie un peu quand, en soirée, on arrête de boire. Pas pour éviter d'être bourré, juste pour ne pas vomir.
6'700 mains en NL 50, +165$, 5.22 bb/100. Sick.
C'est marrant comme ce jeu peut te faire passer du restaurant 4 étoiles à l'asile psychiatrique en peu de temps, hein ? M'enfin, ce n'est qu'un jeu, justement.
*Je tiens d'ailleurs à spécialement remercier ici les joueurs russes, ukrainiens et espagnols de PS.com.
L'autre jour, j'ai eu la chance, et je pèse mes mots, de gagner un tournoi 22$ sur PokerStars. Vu le nombre de participants (999), ce premier prix m'a permis de booster ma bankroll d'une manière assez vertigineuse, m'offrant la possibilité de sauter plusieurs paliers dans le montant des buy-in que je peux désormais me permettre. À ce sujet, un commentaire de Lesage m'a entraîné à rédiger ce billet:
"À toi de voir maintenant si tu profites de ce boost dans ta BR pour oser aller sur de plus gros buy-in, ou d'estimer que la variance t'impose de continuer sur tes tournois habituels... Pour ma part, mon premier boost de BR, je l'avais dilapidé à la vitesse grand V, alors que mon deuxième booster je l'ai pour finir cashouté... Encore VGG!"
D'abord, merci; ça fait toujours plaisir de recevoir des félicitations, comme ça fait plaisir de savoir que, de temps en temps, on est suivi, sur twitter ou autre (j'ai d'ailleurs pu compter sur la présence de deux ou trois comparses dans le chat de PS durant la tf; priceless). Ce commentaire pose une question à laquelle il est nécessaire de répondre en cas de 'gros' gain (bon, c'est pas l'euromillion non plus, hein, mais il m'a permis de tripler ma BR quand même): et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
En fait, depuis que je me suis mis au management strict de BR (novembre 2010; 73$->5'000$ maintenant), je suis devenu respectueux de la règle suivante: 50 BI minimum pour m'asseoir à la table, que ce soit en MTT, en SNG ou en CG. C'est précautionneux, c'est clair, mais le fait de pouvoir encaisser sans broncher les downswings est un atout indéniable dans ma lutte perpétuelle contre le tilt et ses conséquences. Avant la perf, je jouais donc à des BI de 30$, ce qui nous fait du CG en NL25 et des MTT/SNG à 22, 33$ et en-dessous. Est-ce que je vais monter de BI ? Oui, mais pas trop. Je m'explique.
Je vais en effet grimper un palier, c'est-à-dire me permettre la NL50 et les MTT/SNG entre 30 et 50$ (et en-dessous, bien évidemment... je me suis donné la mission de ship le 22$ 6max de 19.45 entre autres). Pour la simple raison que je tiens à entamer une progression par palier, standard. Je ne me suis pas mis au BR management pour spew parce que j'ai perf. Ce n'est pas une question de niveau, juste de philosophie dans l'approche du jeu. Je n'ai jamais fait ça de ma vie online, j'ai toujours joué à des BI divers et variés avec la constante de me broke tôt ou tard. Je continuerai donc à passer par des satellites pour les 109$ ou autres SM et WU, me contentant d'entrer directement dans les épreuves qui collent à mon management.
Pour éviter les spews ou autre tentation de jouer bourré quand je rentre chez moi à des heures pas possibles, je vais encore cash out sur moneybookers une partie de ma BR fraîchement acquise, histoire de mettre toutes les chances de mon côté et de passer un à un les paliers de ma progression dans le jeu online.
Real Madrid-Barcelone FC, une belle affiche à n'en pas douter. OM-Nice, avec la première place de ligue 1 en point de mire pour les Marseillais, à ne pas rater pour un fan marseillais. Soirée MTT, quand c'est la seule possible cette semaine, une grosse envie à ne pas refouler. Décision difficile hier soir, donc. Je me tâte entre mes premiers amours, le football, et le poker, qui remplit bien mon temps libre depuis deux ou trois ans. Au final, ce sera le tout. Au bénéfice d'un petit réaménagement de mon salon, je décide de me laisser tenter par un session de MTT en regardant le foot. Pas idéal pour les tough spots et la réflexion, mais, en bon Suisse, j'ai opté pour le consensus et coupé la poire en deux. So was it.
Question MTT, je choisis un programme léger de 7 épreuves:
1) trois satellites (deux pour le Sunday Million, 1 pour le DNG, rebaptisé The Big 55$) sur PS;
2) un 54$ deepstack shorthanded sur Ongame à 19.30;
3) le 22$ shorthanded 6max 500 cap de 19.45;
4) le 22$ 15k Guar. de 19.00 sur PS;
5) le 10.5$ HU KO de 20.15 sur PS.
si tu veux, t'as droit à Vanessa Marcil tout de suite, parce que le post est long...
Quand le Real entre sur la pelouse sans véritable attaquant, quelques-unes de ces épreuves sont déjà terminées. Je remporte un ticket à 55$ sur un de mes sats et perds les deux autres sur des conneries. Je suis également out du 54$ d'Ongame, suite à un n-ième setup preflop, AA vs KK (sauf que j'ai les as cette fois). Je ne suis pas en tilt, mais les idées noires et une certaine douleur du côté des oeufs me minent l'esprit, qui passe en mode 'ça y est, ça recommence...'. Le Vélodrome explose, l'OM s'impose et je débute mon second match dans le tournoi de HU. Le premier fut une formalité, 5$ de KO vite gagnés déjà dans la poche. Je joue un compatriote qui finira par m'avoir à l'usure, A3 vs AJ sur la main finale.
Me reste les deux 22$. Et le foot. Le 6max se déroule bien, je suis à l'aise sur le format. Je monte très rapidement du stack contre mes nouveaux amis russes ou ukrainiens pour, à la moitié du tournoi, posséder plus de deux fois la moyenne, 12k vs 6k chips. Je me maintiens ensuite, monte un peu, ne touche plus que des bananes et des merguez, pour finir par me faire rattraper par l'average. Les coups deviennent décisifs, comme la manchette d'Adebayor après avoir pris un petit pont (bon, vu la place qu'il y a entre ses guiboles, c'est pas non plus le truc le plus dur à faire au monde). Nous ne sommes plus 72 pour 48 payés et, en cinq mains, je vais prendre. Dans les oeufs, à nouveau. D'abord un AK mal négocié (comme la fin de saison du LOSC) face à QJ sur un board 9TTKx me laissera avec un stack amputé du quart de ses jetons; puis, je lâcherai un QTs après Cbet en position sur un board AJx (re-moins un quart). Je perdrai les deux mains suivantes sans combattre, pour finir par sauter avec TT face à JJ et QJs. That's it.
Messi montre son talent et il ne me reste plus que le 22$ FR pour essayer de décrocher un petit truc. Plus de foot à la télé, une seule table sur mon Mac, on n'a pas fini de se faire chier. 999 joueurs au départ de ce tournoi et après avoir connu beaucoup de downs pour quelques up, arrive ce coup. Nous ne sommes pas dans l'argent (une centaine de joueurs à sortir environ), je suis juste sous la moyenne et je trouve les flèches:
Le mec qui limp-call avec T9, c'est un Grec, et c'est lui qui m'a sorti du 6max JJ vs TT. Moi, je dis 'nice preflop play, monsieur', surtout avec ce stack. Le reste, ben... ça arrive, quoi. Mais bon dieu de m****, c'est quoi ce play preflop? Tu paies le raise pour shove sur le flop si tu touches ? Mais si tu touches quoi ? Tirage, top paire, air ? Si au moins tu me fais un stop'n go, je veux bien. Ok, note pour plus tard: ranger les Grecs avec les Russes et les Ukrainiens dans la case 'wtf iz poker?'.
Bon, je suis crippled, loin de l'argent, ça pue la fin de soirée devant "Head's up Poker le face à face"... Quatre mains plus tard, j'ai un bon spot de shove. En sb, je lève les houites, open limpe standard (wtf?) du bouton, je boîte, il paie. 88 contre Qj, je double. Tranquille par la suite, pas un spot, jusqu'à recevoir JJ à la bulle. Deux limpers, je boite (12bb) et suis payé par un Danois en BB. Il montre KT, nice je double et passe la bulle comme Schalke04 a passé l'Inter en quart.
Le popcorn de la phase post-bulle pète dans tous les sens, je me tiens un peu à l'écart pour éviter les salissures. Blinds 500-1000, mon Danois au KT min-raise UTG, je suis au bouton. Je lève AQs. La sb est short (7bb), je décide de just call pour induce un shove de sa part, misant sur le fait que le nordique ouvreur est en carnaval, comme d'hab'. Mais, comme souvent, un truc à la con se produit. Le short en sb just call, la bb aussi. Hmmmm, intéressant. Comprends pas. AcKcx au flop. Check-check-le frère caché de Gus Hansen mise 3500, je call, le shorty en sb fold, la bb call. Rebelote au turn, un 5, 3500, payé deux fois. Je suis sûr d'être devant cette fois et me prépare à call any barrel à la rivière si pas de scary card. Doublette du 5, pas de trèfle. Check-Check-je me demande si je peux value. Après évaluation des ranges adverses, je mets BB sur any draw, donc il foldera sur tous les bets et UTG sur... bah, là, c'est un peu le brouillard. Peut-être une underpair, un draw aussi, ou n'importe quelle merde qu'il a open-raise pour faire style 'je suis un nordique qui joue des poubelles', donc pas de value non plus à faire. Check, donc. Showdown : K2 pour la bb, nice hand, et QT pour l'OR pour une gutshot. Merci FedeX.
Le Danois me mettra la misère quelques mains plus tard lorsque je raise 33 en late position, il va flat dans les blinds, payé mon cbet et me check-raise all-in turn sur 748-K deux piques. Je fold.
Je ne joue ensuite pas trop de mains, me contente de steals ici et là, et de value à mort mes premiums. Le problème, c'est que j'en n'ai pas des premiums. 3 tables left. C'est dur, la moyenne est à 22-25bb, je suis pratiquement toujours en dessous depuis la livraison du Danois. Je push, ne suis pas payé, survis. Deux tables, 16 joueurs. Je double 99 vs AK. Gagne ensuite plein de petits coups preflop ou au flop qui me maintiennent à 25-30 bb jusqu'à la bulle de la table finale. Je gagne un AK vs AJ, sans danger pour moins puisqu'il était short, puis gagnerai tous mes coups preflop jusqu'à la TF, que j'aborde en 4è position.
Moyenne 350k, un chipo à ma gauche à 1.2 million... Finlandais, agro, easy poker pour lui. Il ne va d'ailleurs pas se gêner pour relancer 11 mains sur 10, et souvent sur ma bb. Je suis en attente de deux merguez style 67s ou mieux pour resteal, mais rien, je me tape que des mains qui ne ressemblent à rien, ou des K4, Q6 qui peuvent quand même être dominées par sa range d'OR UTG. Je prends les blinds avec une régularité exacte d'une fois par tour, je fais un fold sur un resteal du bb (j'ai JTs quand je raise), puis je reçois les dames. 8 joueurs left:
Carré, papa ! Quelques mains plus tard, je raise A4s, me fait resteal again et.. fold again. Je me dis que c'est un peu weak. Soit je raise pas, soit je calle any push. Mais raise fold à 20bb en tf, c'est quand même pas têtê... Et même un leak majeur dans mon jeu sur ce late game, à mon avis. Je suis conscient d'avoir négociée de manière un peu pourrie certaines mains de cette finale, mais il n'est jamais trop tard pour apprendre et continuer à combler mes défauts. Pour tout vous dire, je suis un ex-nit et, parfois, les vieux réflexes reprennent le dessus. Et c'est vraiment des réflexes, genre j'ai pas commencé un embryon de réflexion que lebouton 'fold' est enfoncé dans une violence extrême. À bosser, si je refais une TF bientôt.
Je suis crippled sa race, 7bb, sur 12.5k-25k, quand, à six left, je lève A2s au CO, pot non ouvert, je balance. Payé par la SB et AT. Adieu, veaux, vaches cochons... 5Q4 au flop... couvée.. Adieu, bankroll booster et SCOOP... Turn... 3! OMG, oh putain. River: poîîîng, brique. Pas possible, j'ai chatté ! J'ai chatté, bordel ! Ouiiiiiiiiii !
Le reste de la partie se déroulera comme dans un rêve. AK qui sort QT, des steals avec des saucisses qui passent, des resteals sur le gros chipo (merci mon stack)... 4 left, je sors le short avec KJ contre 74. 3 left, un AK de coeur versus 75 tourne en ma faveur sur un board KJh7h5A; j'ai du jeton, je 3bet bluff souvent pour prendre le pot au flop, comme ici :
Je sors le Finlandais avec AA contre A5, puis entame le HU légèrement chipo. Et là, je marche sur l'eau. Tout me réussit, je prends très vite de l'avance et l'ascendant, si cher à Patrick B. Je le défonce. Je fais un call river sur 32864 avec K6 et évente son KJ-bluff, je prends tous les coups avant le showdown. Mon adversaire en est vite réduit à moins de 20bb. Je raise KK au bouton, il me 3bet, je 4bet, il calle. AQ, pas de miracle pour lui. Je ship le tournoi. 3.4k. 1er/999 joueurs. Il est tard, y a pas de bistrot ouvert tout près. Je n'arrive pas à dormir, faute à l'adrénaline.
Je tiens mon bankroll booster, je tiens mon 'one time', mais la réflexion sur ce tournoi m'amène aux conclusions suivantes:
1) j'ai pas forcément bien joué tous les spots en tf et à deux tables restantes; j'ai même fait preuve d'une certaine weakitude pour quelques mains (3 au total), mais suis quand même satisfait de mon jeu jusqu'à 30-40 left et plus particulièrement durant les trois premières heures et demie du tournoi;
2) j'ai chatté ce 70/30 all-in preflop en tf: sans ça, je peux toujours me toucher en pensant que j'aurais pu éventuellement finir devant;
3) il faut quand même avoir une réussite extrême pour aller au bout d'un field de cette taille. Gagner les flips, les 70/30 et les 80/20, quand souvent une seule perte t'envoie dans le rail, c'est pas tous les jours que ça se passe;
4) le timing en tf est décisif et c'est là juste l'élément qu'on ne peut contrôler (un de plus dans ce jeu qui en est rempli);
5) la victoire est belle, je la savoure, parce la prochaine, sur un tel field, ne viendra peut-être jamais.
6) maintenant, les bistrots sont ouverts, santé !
PS: Merci d'être arrivé au bout de ce (très) long post.
PPS: Merci à ceux qui m'ont encouragé dans le chat PS et sur twitter.