26 février 2010

Poker, etc.


Pendant que je vous concocte deux petits billets, l'un pour terminer mon didacticiel sur les parties live, l'autre pour vous faire découvrir le paysage pokerien suisse notamment à la demande de Fred-, j'ai décidé de m'arrêter en cours de route pour vous parler de tout et un peu de rien. Et forcément de poker.J'ai reçu, enfin, "Power Poker", de Negreanu. Je vais en commencer la lecture aussitôt ce billet terminé. Je me réjouis vraiment de prendre connaissance de ce que le grand Daniel a à nous confier. J'ai lu énormément d'ouvrages sur le sujet, et je dois dire que j'attends beaucoup de ce bouquin-là, peut-être un peu trop d'ailleurs, même si les arcanes du "small ball" me fascinent. Je veux être dans le secret.Quoi qu'il en soit, les discussions vont certainement se faire passionnantes, notamment sur le blog de Rincevent, qui a lancé, il y a quelques jours, un fil sur le sujet.

Sinon, je me suis acheté ça dernièrement:


Un grand classique, certainement, pour tous les fans de rock. Et un immense plaisir à l'écoute. Je ne cours pas après les groupes de cette période-là. Il n'y a que les Stones que j'écoute volontiers et c'est un peu tout (j'oubliais Led Zep', sacrilège).

J'ai aussi lu ça: 

 

Un peu la baffe, tellement ce bouquin reprend des concepts essentiels à mes yeux: la déshumanisation des relations, la société hyper-consumériste qui oublie ce dont elle est faite et des gens qui ne pensent plus par eux-mêmes, qui ont oublié... Le devoir de mémoire comme raison de vivre. Pour situer, l'histoire relate la vie d'un pompier dont le métier consiste à brûler les livres. En effet, ceux-ci sont interdits et toute personne en possédant peut se faire dénoncer et voir sa maison détruite par les flammes... Rien à dire de plus, à lire.

Au rayon "divers", beaucoup de plaisir à avoir écouté la radio club-poker, avec Fred et Nicolas Dervaux en invités. Assurément atypique, Dervaux n'en est pas moins un personnage très attachant et assez fascinant à écouter parler. Il y a du vécu et de l'authenticité chez ce mec. +1. À suivre également sur la planète poker, un petit débat à la con sur le Suisse qui a remporté le Super Sunday Million et un joli sondage chez Eiffel...

22 février 2010

Breaking news: un Suisse remporte le Super Sunday Millions !


Week-end faste pour mon petit pays: deux médailles d'or de plus aux Jeux de Vancouver et un véritable petit exploit d'un joueur zürichois. En effet, RichierichZH, c'est son pseudo, a remporté, ce matin, le tournoi le plus richement doté du net, le Super Sunday Million, que PokerStars avait mis sur pied pour célébrer sa 40 milliardième main distribué. Celui qui n'affichait jusque là "que" 11k de gains sur le net vient de voir sa bankroll monter en flèche, puisqu'il remporte la bagatelle d'un peu peu plus de 1.1 millions de dollars.

J'en connais un qui va pas aller se coucher tout de suite...

GG à lui.


19 février 2010

Les petits trucs du jeu en live


Vous le savez, je suis un joueur live. Alors que certains passent des heures et des heures devant leur écran, je préfère me rendre à la cardroom pour y disputer des events de qualité (d'ailleurs, ce sera l'objet d'un prochain billet -un petit panorama de ce qui nous est proposé ici, en Suisse, on niveau MTT). Je joue facilement trois fois par semaine et on peut dire que j'ai acquis une certaine expérience du live.

Je sais que plusieurs de mes lecteurs (à l'instar de raulvolfoni -corrige-moi si je me trompe) n'ont encore jamais évolué sans leur souris et c'est à leur intention que j'ai compilé les petits trucs suivants qui font une partie du charme de ce jeu en live.

1) Ne parlez jamais avant votre tour. Il n'existe pas de règles uniformisées concernant cet aspect du jeu, mais, selon l'endroit où vous vous trouvez, cela peut engendrer des conséquences indésirables sur votre value. Exemple: je suis hors de position dans un coup où le board affiche à la rivière. J'ai en mains et un peu mal à la tête face à une adversaire hyper agro. J'ai tendance à la mettre sur un brelan de roi, mais j'ai pas vraiment envie de bet pour me prendre une patate en retour. Au moment où la rivière est donnée, elle crie "all in!". Parole volée. J'appelle le floor qui me communique les règles de l'endroit: si l'action ne change pas (pas de bet), mon adversaire sera forcée de checker. Je checke, elle en fait de même et me montre un full. J'ai économisé mon tapis.

2) Soyez toujours à votre place  lors de la distribution des cartes. Variant également d'un établissement à l'autre, cette règle prend généralement en compte que le joueur doit être présent à la réception de la première de deux cartes, sous peine de voir sa main foldée. La cigarette, les toilettes attendront. La même joueuse agro en a fait l'expérience, soulevant deux dames, alors qu'elle n'avait pris place que lorsqu'elle reçut la deuxième carte. Tilt et crise de larmes (véridique) assurés.

3) Protégez toujours vos cartes. Avec la main ou un jeton, ou un card protector ridicule. Mais ne les laissez pas sans surveillance. On connaît tous la triste histoire d'Estelle Denis aux WSOP. Il m'est même arrivé, en tant que dealer, de prendre les cartes du joueur à ma droite, pensant qu'elles étaient foldées.



4) Ne révélez jamais votre main, ni ne la découvrez, avant la fin du coup. Elle sera foldée. et l'argent du pot ira à votre adversaire. Les croupiers des WSOP sont particulièrement attentifs à ce genre de choses, mais c'est également monnaie courante chez tout organisateur de tournoi qui se respecte. Pour anecdote, je me souviens d'une tf où un mec bourré (je sais pas si vous avez remarqué, mais y a pas mal de mecs bourrés dans mes histoires...), chipleader, relançait toutes les mains. Alors qu'il est UTG, je suis de BB et short en jetons. Il raise comme à son habitude. Tout le monde passe jusqu'à moi, j'ai QJ. Pendant que je réfléchis, l'olibrius prend ses cartes, les soulève et les montre aux spectateurs derrière lui. Le floor, présent à table, remarque la chose et lui indique que sa main est couchée. À moi les blinds, ante et raise du pot, sans jouer!

-la suite bientôt-


PS: En cadeau super extra bonus, un des derniers reportages sur le deepstack de Dublin, réalisé par Setanta pour chilipoker:


ChiliPoker Deepstack Open (DSO) Dublin 2010

18 février 2010

Dublin stories


-final part-

L'expédition de Dublin, outre la frustration du tournoi, m'a laissé énormément de bons souvenirs, ainsi que de drôles d'anecdotes. Arrivé le jeudi et reparti le lundi, j'ai vraiment apprécié de baigner dans cette ambiance poker pendant quatre jours. De vivre pour et par le jeu 96 heures durant. Je ne joue quasiment qu'en live, d'ailleurs mes stats internet toutes pourries sont là pour le confirmer (je suis loin d'être un grinder), et je dois dire que prendre part à un tournoi international, hors de mes terres, fut une expérience fantastique. À réitérer, absolument. Je n'irai sans doute pas à Aix pour disputer la 2è étape du Deepstack Challenge, ni à Vegas au mois de juin, mais je pense fermement me rendre à Marrakech en décembre et, s'y j'arrive à me qualifier online, au Evian Poker Open au mois de mars.

Revenons sur Dublin, il y a beaucoup de choses que je retiendrai, mais seules quelques-unes ont leur place ici:

-le side bet de Charly sur le plateau d'huîtres après 6 Guiness;

- la présence au tournoi de Sandra Naujoks, ainsi que de son boyfriend (ou mari?) qui se fait bust par le même Charly. Le sort réunirait même la belle et le bourreau de sa moitié sur la même table le lendemain;

-les cash game un peu déjantés, à l'hôtel ou au Fitzwilliams Card Club. D'ailleurs, pas sûr que les regulars là-bas se soit remis de l'information comme quoi j'aurais écrit un livre "Clubs never lose" ("Les trèfles ne perdent jamais")... 

- le bout de soirée passé avec une des dernières rockstar vivante, j'ai nommé Andy Black, qui, totalement déchiré, m'a gratifié d'une thèse sur sur niveau de célébrité ("That's Bullshit!", dira-t-il...) et son problème passager de consommation d'alcool*, avant de se balader le cul et le ventre à l'air dans les couloirs de l'hôtel;

-les 2'600€ de bénef' de Jurassik en cash game 1-2€ en une session, jamais vu un chattard pareil !;

-la maîtrise du PLO live par Stige, à qui Andy Black n'a rien à envier au niveau fluidité sanguine;

-tous les bons moments, bien sûr, passés entre nous, que ce soit à Temple Bar ou à l'hôtel;

-et, last but not least, les ronflements de mon compagnon nocturne...


La photo immortalisant ma conversation avec Black; prise par SsissiOuiOui qui était aussi net que la qualité de l'image...


*[retranscription approximative du dialogue portant sur le thème de l'alcool]
-AB: I really have to stop drinking.
-Moi: Why that?
-AB: 'Coz I've been doing this job for fifteen years.
-M:...

17 février 2010

Dublin, off the records (6)


Day 2

Une Guiness. Ou huit, je sais plus trop bien. Au bar, avec les autres Suisses, pour fêter la qualif pour le day 2. Au vu des événements, je me sens un peu euphorique d'avoir passé le cut; je sens en moi une joie que je n'avais plus identifiée depuis mes nombreuses présences sur les terrains de foot. J'ai rien gagné, mais je suis encore là, c'est ce qui compte. La journée qui vient de s'écouler a fait tomber plusieurs têtes au sein du clan helvète. Ainsi, Blueberry, Tipex (qui perd AK trois fois de suite (!)) et Pyt, entre autres, ne seront pas des nôtres pour le lendemain. La bonne nouvelle et la petite fierté patriotique vient du chipcount: Charly, le petit-cousin, est troisième en jetons, alors que Cynthia tient fermement le lead. On peut faire pire pour un petit pays comme le mien...

Une dernière pinte et je prie pour que mon binôme de chambre passe une nuit tranquille. Hélas, cent fois hélas, la bière aura raison de la sérénité de son sommeil. Je ne dors pas plus que la veille. Pleine forme pour le deuxième jour ! Petit déj' en forme de burger au pub de l'hôtel, cigarette(s), salutations d'usage à tous les visages connus la veille et à la cohorte suisse, cigarette(s) et route vers la grande salle. On m'attribue la table 21. Je m'y assieds, y reçois mon chipbag. Oui, ils sont tous là. Pas trop difficile de les compter, il n'y en a que 35k. Les joueurs arrivent peu à peu et complètent les sièges vides autour du tapis vert. Trois d'entre eux sont aussi ou plus short que moi, tandis que les autres affichent fièrement des montants plus élevés que la moyenne (env. 80k à ce moment-là). Assise deux rangs à ma droite, je reconnais Benjo, une de mes idoles en matière de coverage et de blog. Comme je ne le connais pas, je me dis qu'il faudra que j'aille plus tard lui dire bonjour et, si possible, tailler le bout de gras... Chose que je ne ferai jamais.

Nous reprenons à 1,2k/2,4k/200. Un tour de table complet sans trouver de cartes et deux shorts sautent. Encore un demi-tour avant de trouver ma première main potable de la journée, je suis UTG+2 et je lève . Il ne me reste qu'un peu moins de 29k, je décide de boîter et alea jacta est. Personne ne paie, je prends les blinds et les antes. Ça y est, je me suis libéré de cette tension, j'ai mis tous mes jetons et mon tournoi au milieu pour la première fois aujourd'hui et je suis toujours en vie. Une orbite plus tard, je suis de BB quand un short pousse. Tout le monde passe, je zieute au creux de ma main. Chipcount, j'ai 29k, le short 25k. Easy and insta call. Il abat ses cartes... . Un flip. Un banal flip pour rester en vie. L'as au flop me fait bondir. La suite ne viendra pas troubler cet élan, je (presque) double sur ce coup. Next hand, SB, une poubelle, fold.

Alors que j'empoigne mon portable pour annoncer mon double up au reporter suisse, je suis interrompu par le croupier qui me signifie que c'est à moi de jouer. Shit, pas le temps de finir le texte. Je pose le téléphone et soulève mes cartes... . Wow, serait-ce mon jour? J'ai à peu près 60k et un Français en MP a raise à 7'000. Son premier raise de la journée. Je veux régler ce coup maintenant. S'il est bien, je suis sûrement mieux que lui. S'il est moins bien, il passera et j'empocherai le pot en l'état, me mettant ainsi dans la moyenne. Je veux l'isoler et lui mettre la pression. Bon, 3bet. Là, tout s'enchaîne assez vite. Les chiffres se bousculent dans ma tête. Si je 3bet pour 20k+, il me restera 35-40k, en cas de call, pour jouer un pot qui ferait disons 22k+22k+1,2k+2,4k+2k d'ante, soit 59,6k. Jouable pour boîter any flop. Le problème serait l'apparition d'un as sur les trois premières cartes du tableau. Je tank un peu et décide de 3bet pour mon tapis. Le Français se tortille sur sa chaise en même temps que ses yeux sont à deux doigts de sortir de leur orbite pour tomber et rouler sur la table... Alors que je l'observe, SB passe et... silence à la BB. Qui annonce all in après 10 secondes de mutisme. J'en crois pas mes oreilles, ça, ça n'était pas prévu au programme...

Je sais, à ce moment, que je suis froid. Le Français, ouvreur initial, est visiblement très nerveux et finit par passer   face up; ce qui renforce mon impression de fin de tournoi. Je pose mes kings sur la table et BB y dépose ses... flèches! Il me couvre de 5k, si je n'inflige pas de bad beat, c'est la sortie. Je me lève. La table ayant fait des "ooohh" et des "aaahhh", le floor s'en approche pour voir ce qui s'y passe. Voyant les cartes découvertes, il prend le micro pour commenter le coup sur les haut-parleurs de la salle. S'te plaît, fais pas ça... Une-deux caméra se joignent à nous, ainsi qu'une petite dizaine de curieux. Je vais sortir maintenant, devant tout le monde. Je prie pour un roi qui ne viendra jamais. Je prends un bon pain dans la gueule et, quand je rouvre les yeux, je suis assis dans un fauteuil, près du bar de l'hôtel. Out, fini. Putain de config'. Putain de kings. Putain de tournoi.

En passant à 120k sur ce coup, ce que j'aurais certainement fait contre les dames du Français, je me serais remis en course de bien belle manière. Je me serais situé plus haut que la moyenne pour encore vivre quelques heures de jeu palpitantes à n'en point douter. Mais non, l'invité surprise a tapé l'incruste pour briser mon parcours. Warf... Sick! À la question du reporter suisse pour recueillir mes impressions, je lâche: "quelle jeu de merde...". Je veux aller au lit.



-à suivre, les anecdotes dublinoises...-