13 février 2010

Who will be the master?


Petite pause dans mes chroniques dublinoises pour vous annoncer des news toutes fraiches. Aujourd'hui, je me qualifie pour le day 2 des Masters Fripoker, épreuve live qui réunit les 30 premiers du classement général de l'année et/ou ceux qui ont fini dans les trois premiers d'une épreuve durant les 12 mois écoulés. Field relevé donc et joli day pour moi qui vais attaquer demain avec la 4è position au chipcount.

Stefal m'en voudra pas si je le cite: "Que le flop soit avec moi!"

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11 février 2010

Dublin, off the records (4)

Day 1, suite

Les premiers tours de table sont studieux. Comme le boxeur sur le ring, je veux observer mes adversaires, les jauger, voir de quoi il sont capables, de définir leur style. Il y a là deux Irlandais d'une cinquantaine d'années, Seamus et Thomas (que j'apprendrai plus tard être Thomas "The Bomber" Nolan); ils ont l'air de bien se connaître et plaisantent ensemble. À ma gauche, se trouve un Belge néerlandophone avec qui je sympathise assez vite. Nous nous racontons quelques anecdotes de poker puis il me dit qu'il a été champion de K1 et disciple d'Andy Hug (pour la culture générale, Hug est un des seuls européens à avoir atteint un statut de dieu vivant au Japon, à travers un sport de combat). Mon voisin de gauche est lui allemand, plutôt jeune au style décontracté, survêt' et casquette. Le mec en face de moi me fout un peu les jetons. Associés à une tête de geek fin fini, ses yeux globuleux semblent percer les moindres secrets des esprits de ses adversaires, brrr... Il y a encore présents deux Français arborant le logo winamax. Le premier, un peu plus jeune, ne me donne pas une grande impression d'entrée, puisqu'il est obligé d'aller au showdown sur un coup où il raise UTG avec .Son compatriote par contre est le mec le plus serré de la terre, version weak. Ça nous fait 7 adversaires, plus moi, égal huit. Ben ouais, il m'arrive toujours un truc bizarre... En fait, mes deux "vrais" voisins directs sont sit out et on ne les verra pas de la journée. Si c'est pas malheureux, payer 550€ et ne pas se pointer au tournoi. Pour la petite anecdote, je suis donc deux fois UTG par tour de table, ça ne s'invente pas.

Sans prendre de risque, je monte petit à petit un stack à 56k, grâce notamment à un arrachage en position sur baby board avec . Tout se passe bien, même si je remarque que mes deux irlandais aiment bien se tirer la bourre à grands coups de relances hypra-agressives. L'Allemand, le Belge, les deux Français et le Geek ne jouent pas beaucoup de mains. en sb, bb fantôme. Level 200/400/25. Bomber relance à 1100, payé par Seamus et par l'Allemand. Squeeze idéal ici pour moi, je fais 4'000. Bomber et Seamus passent, non sans sourciller, le Teuton me paie. Le flop tombe . Pas vraiment idéal. Je décide de cbet une patate, le jeune insta-fold, ouf! Dans le même niveau, je retrouve les rois, mais je suis au bouton cette fois. Même config': Bomber raise 1'100, Seamus call et je squeeze. Cette fois, Bomber réfléchit et fait 8'500, son pote fold, je réfléchis une bonne minute et passe mes cowboys face up. Nolan me dit, que pour une fois, il va me montrer ses cartes... !! Joli fold, même si je passe sous les 50k avec ce move. J'aurais pu just call son 4bet, c'est vrai, mais il n'y aucun flop sans roi qui m'aurait vraiment plu. De plus, à ce stade du tournoi, je ne voulais pas prendre un maximum de risques avec une mauvaise config' possible.

Cette main va me faire entrer dans une période de sales rencontre. Dans les deux niveaux qui vons suivre, je vais tour à tour rencontrer les flèches avec mes jacks (je lâche sur un flop , easy fold; mais saignée de mon stack, puisque, cette fois, je paie le 4bet preflop d'un des Français), big slick avec mes ladies (le geek trouve un as au turn) et   par deux fois qui trouve air et résistance au flop. Mon stack oscille entre 35 et 40k quand je retrouve deux dames. Seamus est mon adversaire sur cette main. 400/800/50. Je cbet hors de position sur un flop , il paie sec. La turn fait rentrer la flush avec le , check-check. La river fait est une nouvelle mitigée, . Hors position, je check, dans l'idée de call any bet. Mon adversaire check aussi et dit "I play the board". Je remporte donc ce pot, mais suis un peu frustré de ne pas avoir pu rentabiliser au mieux cette main.

Après le dinner break, je joue encore quelques petits coups, tous perdus, et me retrouve à nouveau face à une config' qui va tourner en ma défaveur. Le geek relance early, je call avec , le flop vient ten high deux piques. Gollum bet, je call, je ne veux pas le faire dégager sur ce bon tableau pour moi. La turn est insignifiante. Il ouvre à nouveau, je le 3bet, il call. La rivière est un jack rouge. Il check, je check. Il me montre JT au showdown et je perds un saladier dans ce coup (que je n'ai pas super bien joué je pense). Je compte les jetons qui sont devant moi après cette saloperie de rivière et arrive au total magnifique de... 18'000. Ça y est les gars, je suis officiellement short stack !!

10 février 2010

Dublin, off the records (3)

Day1, part 1

Vendredi 5 février, 12H00. Le téléphone sonne. C'est Tipex, membre de la délégation fribourgeoise (région de laquelle je viens) fraîchement arrivée sur place, qui appelle. Et me réveille. Je saute du lit immédiatement, n'ayant pas trouvé le sommeil pour cette première nuit dublinoise. La faute aux éructions nocturnes de mon compagnons de chambre et à une clim beaucoup trop bruyante. Brossage de dents, douche, habillage et je rejoins les nouveaux arrivants dans le hall de l'hôtel. Sont présents beaucoup de regs de la cardroom que je fréquente, dont notamment mes deux petits-cousins, Jacques et Charly, ainsi que notre local hero à nous, Blueberry (itm au main event des WSOP 2009). Direction le pub pour le repas. Premier bad beat de la journée, ils  ne servent plus de traditional breakfast. Tant pis, ça sera pour une autre fois, même si j'en mourrais d'envie. Je prendrai un délicieux panini veggie, pendant que la Guiness arrive sur la table de mes nouveaux compagnons. 

À peine le temps de s'en griller une qu'il est déjà l'heure de se diriger vers la salle du tournoi, là, au bout du long couloir qui serpente à l'arrière de l'hôtel. Au fur et à mesure que nous avançons, la rumeur se fait plus forte. Étouffée aux premiers pas, elle monte peu à peu en puissance pour devenir carrément rugissante alors que nous franchissons les portes du temple. Les tables de cash games n'ont pas désemplies de la nuit et nombre de joueurs côtoyés la veille sont encore assis autour des tapis verts, les yeux rougis et le visage marqué par toutes ces heures à attendre la bonne main, à entendre le cliquetis des jetons.

3208. C'est le numéro que l'on m'attribue. Table 38, siège 8. Je cherche puis trouve ma place dans le théâtre de mes exploits. Personne n'est encore assis, j'en profite pour faire un tour et voir où sont assis mes compatriotes. Jusque là tout va bien. Le floor manager annonce l'imminence du début du tournoi, je regagne ma place et essaie tant bien que mal de fixer ma concentration. Pas super facile tant mes yeux se perdent alentour, tantôt sur le décor de cette très belle salle, tantôt sur le flots ininterrompu des participants... Je me perds un peu dans mes pensées quand résonne comme un gong le fameux "Dealers, let's shuffle up and deal!". Ça y est, j'y suis. Ce n'est plus un rêve, je suis sur le ring, prêt à me battre et à aller au bout. Ding-ding!

-à suivre-

Dublin, off the records (2)


Jeudi 4 février, 17h00 heure locale, Dublin, aéroport. Il pleut. J'ai voyagé depuis la Suisse avec un ami et le reporter swissholdem, Xavier "Ewing" Dumont. Nous partageons un taxi avec trois Français, qualifiés Winamax, et sommes sur la route de notre hôtel. Les embouteillages nous laissent le temps de regarder par la vitre pour imprimer dans nos rétines les premières images images de la ville irlandaise. Sous la pluie, elle est conforme à ce que je pensais d'elle, une ville "britannique" mariant styles géorgiens, victoriens et constructions plus modernes. Tout se passe sans encombre au guichet de l'hôtel et nous prenons possession de nos chambres, non sans avoir salué la cohorte suisse déjà présente. Je partagerai la mienne avec Pyt, ami de longue date et joueur de poker depuis un peu plus d'une année. J'ai une furieuse envie de Guiness et de bouffe de pub. Mes deux acolytes ne sont pas durs à convaincre et nous nous embarquons direction Temple Bar où nous allons satisfaire nos estomacs vides et gosiers desséchés (un peu plus que de raison d'ailleurs). Retour à l'hôtel quelques heures plus tard (dans un taxi à bord duquel je chante Bob Marley à tue-tête en compagnie du chauffeur; gg!) où le cash game bat son plein. 

Ewing et moi nous inscrivons sur la liste d'attente du PLO pendant que Pyt, entre deux Guiness, s'asseoit à une table de THNL 1-2. La table d'Omaha s'ouvre pour nous. Nous y retrouvons Stige (encore un Suisse), deux Français très sympathiques, ainsi qu'un Irlandais bourré assis juste à ma gauche. Je suis bouton lorsque la deuxième main est donnée. Un limpe, deux call, je call. L'Irlandais fait de même en SB, BB checke. Le flop tombe tout à carreau. L'Irish bet pot, tout le monde passe. Je regarde à nouveau ma main, je possède , le second nuts. Je réfléchis à mon 3bet quand mon voisin de gauche m'apostrophe: "Are you gonna raise?" "Yes, for sure!", lui réponds-je. Là, il me prends par l'épaule, me fait une bise sur la joue, puis me montre ses cartes face up; il a , rien de moins que les nuts!! Il se marre tant et plus. Je jette ma main en lui montrant mon jeu et lui dit merci de m'avoir économisé 200€... Mort de rire, il n'arrêtera pas de dire que nous, les Suédois (sic!) sommes des gens sympas, qu'il nous aime, etc. 

Bon, un olibrius de la sorte, c'est quand même plutôt un cadeau à une table. Sauf quand il se met à m'attraper par la cuisse toutes les deux mains et me donner des tapes dans le dos à chaque pot gagné... Je lui fais comprendre mon désaccord et il cesse aussitôt d'être "mon ami". Il s'en prend alors à son autre voisin, un Français, alors que, 15 minutes plus tôt, je cite, "I hate frogs, bla, bla, bla...". Les Suédois étaient devenus des cons, en un seul instant. Désolé pour la patrie d'Henrik Larsson. Je joue encore quelques mains à cette table, puis m'en vais m'asseoir en THNL. Quelques heures plus tard, je rentre me coucher et j'ai la désagréable surprise de découvrir que le pote, que je connais depuis plus de quinze ans, ronfle! Pour ne rien arranger, j'ai le sommeil léger et c'est donc en pleine forme que j'aborde mon day 1.

-la suite au prochain épisode-

8 février 2010

Dublin, off the records


Voilà, de retour de Dublin. L'European Deepstack Poker Championship m'ayant laissé sur les rotules, je ne vais pas développer aujourd'hui. Je vous laisse juste deux courtes vidéos de mauvaise qualité et sans aucun intérêt (mais que j'ai faites moi-même avec mon appareil photo), afin de voir à quoi ressemblait cette grande messe du poker. Sur une des deux, vous verrez un mec en rose à ma table, c'est un Irish pur souche (Thomas Nolan, 4è) qui fera table finale. À très bientôt pour la suite et mes impressions.

PS: Félicitations à Fred, aka D8, qui remporte l'épreuve! GG !