30 décembre 2009

A star was born

Petit coup de nostalgie aujourd'hui. Rassurez-vous, je ne vais pas vous pleurer dans le gilet, même si je finis hier soir à la bulle d'un SNG Live à 20 joueurs. Non, non... Petit coup de nostalgie pour les vieux de la vieille, ceux qui ont eu le temps d'acquérir, en son temps, une culture poker dont le contenu dépasse les 12 derniers mois. Retour aujourd'hui sur une véritable star mondiale de notre jeu préféré. Star, parce qu'à l'époque, sa renommée dépassait largement les frontières de la contrée où il est né. Star parce qu'il n'y avait pas une semaine sans qu'il sorte de sa caverne pour faire parler de lui.

Cet ovni dans le monde des tapis vert est Tuff_Fish. Non, il ne révolutionna pas le jeu; non, il ne se livrait pas à des analyses pertinentes et non, il n'était pas non plus le fondateur d'une communauté de joueurs. Tuff-fish faisait rire la planète poker entière. Et ce fut là sa seule qualité. Aujourd'hui déchu, oublié, l'olibrius mérite qu'on parle encore de lui, qu'on entretienne son héritage. Alors, parce qu'on oublie trop vite ce genre de comète, voilà un hommage à ce vieux bonhomme:








 Bon vent tuff_fish!

Pour le reste, ça se passe sur youtube.

23 décembre 2009

it's not gonna be easy, folks.

Quelques nouvelles de FL avant de passer aux choses plus sérieuses. Ces derniers jours ont été fastes, en tout cas par moments. Ma BR a progressé et j'ai pu joué plusieurs centaines de mains en FL600 et même tenté un shot en FL1000. Ce dernier m'a offert deux très beaux bad beats [dont un magnifique AK vs AT sur board KxxQJ qui m'a coûté bonbon] m'obligeant, selon mes règles, à redescendre en FL600. Le limit offre vraiment des sensations nouvelles, auxquelles il faut se faire. En même temps, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude de tilter... À l'heure où j'écris ces lignes, je suis en pleine session et ma BR affiche un solde de 342$, suffisant pour suivre ma route en FL600. Espérons que ça tienne.

Mais le vrai but de mon passage ici n'est pas le poker. Il est en effet temps pour moi, en cette période de fin d'année, de vous présenter mes voeux. Sacrifiant à la coutume, je vous souhaite, chers lecteurs, le meilleur pour l'année qui se profile à l'horizon. Jeunes, vieux, riches, pauvres, Suisses, Français, Belges, sharks et fishes, j'espère que vous atteindrez vos objectifs, que les jours noirs se feront rares. Mais surtout, n'oubliez pas que ce satané poker n'est qu'un jeu (même si parfois on a l'impression d'y jouer sa vie), et que ce qui compte vraiment est ailleurs. Nous ne sommes pas vraiment en train de vivre la meilleure époque pour les valeurs morales, mais, en fin de compte, c'est tout ce qui nous restera. Je vous souhaite de prendre soin de votre famille, de vos amis, d'écouter ce qui se passe autour de vous et d'agir avec votre coeur, dans la mesure du possible. D'agir avec respect, honneur et sens moral, de suivre vos opinions sans prostituer votre âme.

Tout un programme.

À mes lecteurs, merci.

PS: un petit bonus en forme de screen de FL200. Putain de rivière.




PS': voilà à quoi j'ai occupé ma journée d'hier... Deuxième partie de mon action caritative.


21 décembre 2009

To the limit(s)

Aujourd'hui, je vous emmène dans un monde où le poker se joue (presque) toujours jusqu'à la rivière, où les paires d'as ne tiennent pas forcément toujours, où les tirages qui rentrent sont légions et où le tilt vous guette de son oeil narquois à chaque coin de rue (enfin, surtout au coin de la troisième et de la quatrième)... Bienvenue sur les tables de FL hold'em.

FL pour fixed limit. Du limit, quoi. Ou quand on ne peut raiser que de la grosse blind, vous voyez? Je me suis mis au cash game limit depuis quelques jours, en accord avec ma nouvelle politique de jeu (celle qui dit que je joue les MTT en live et les CG online), et le moins que l'on puisse dire est que cette variante constitue une discipline à part entière. Certes, c'est toujours du hold'em, toujours du poker, mais la stratégie globale de jeu change radicalement lorsqu'on ne peut pas pas faire un gros bet pour protéger/value une main.

Le limit, c'est le plaisir de se ramasser quelques rivières assassines dans la gueule. Ou, a contrario, d'emmener un fish et sa troisième paire jusqu'au showdown. Bref, tout n'est que discipline (pour la sélection des mains de départ), lecture et thin value en limit. La pratique de cette variante est vraiment bonne pour la lecture du jeu adverse, et je pense sérieusement qu'on peut aiguiser cette dernière grâce à ce genre de partie.

Le raise/3bet ne coûte pas cher, et c'est celui-ci qui va nous faire gagner ou perdre 1-2 BB (=Big Bet, 2xla big blind) à l'heure. Il est donc impératif de bien comprendre la dynamique du coup, d'affiner sa lecture, afin de call ou raise au moment opportun. C'est là que la différence se fera.

Je ne suis de loin pas (encore, je suis optimiste) un bon joueur de FL, mais je me suis tout de même imposé un shot dans cette variante, en suivant les règles d'un petit challenge. Je commence en FL200, avec 50BB, soit 100$. Dès que je descends à 30BB, je joue à la limite inférieure. Si je monte à 100BB, je grimpe les échelons des stakes. Après 1200 mains environ et plusieurs aller-retour entre FL100 et FL200, ma bankroll s'élève actuellement à 118$. Toujours FL200, donc. Le temps de l'adaptation est maintenant terminé, j'attaque. Parce que le FL online, c'est quand même assez fishy dans l'ensemble.

En bonus, quelques screens:

Le limit, c'est parfois des monstres qui rapportent:




Ou des rivières assassines (où bien sûr, vous avez étés check-callés jusqu'à la dernière carte):




Tiltant, vilain qui call toutes les street avec As haut, n'est-ce pas? C'est ça, à mon sens, le plus grand danger de cette variante, le tilt. Et l'envie consécutive de jouer toutes les mains, "pour voir si on touche" comme eux... Bref, marcher main dans la main avec ma grande amie la discipline n'a jamais été aisé pour moi, alors là, je peux vous dire que je me fais mal à chaque tour de table.

Bien fait pour moi!



11 décembre 2009

+EV

Pas d'article technique, non, non (désolé...). Ce titre n'est rien d'autre que le justificatif de mon passage éclair aujourd'hui pour vous parler d'une bande-dessinée. Ou plutôt d'un comics. Ce n'est pas une nouveauté, puisqu'il existe depuis 2006, et certains d'entre vous le connaissent sûrement déjà. Mais, n'en ayant jamais parlé ici, il était de réparer cette cruelle injustice. Parce que Bobby Crosby et Tiger Claw le méritent bien. Ils ne touchent peut-être pas une bille au poker, mais leur héros, Corbin, saura sans aucun doute vous plaire.

Père d'une petite Scarlett, marié à Violet, le grand blond est un joueur pro, tant online que live, et sa famille assume totalement cette profession, dans ce sens qu'elle a intégré tous les paramètres du monde du gambling dans son quotidien. Ça va de la fillette qui bet sur tout et rien à l'école, à sa femme qui, enceinte, fait prendre de la drogue à son mari afin de lui faire manquer les WSOP. Hilarant, même s'il faut lire l'anglais (il y a eu une tentative de traduction en français, mais le mec a claqué au poteau, n'en traduisant qu'une planche). Allez, un petit bonus avec l'une des premières planches, datant de 2006.





Vous vous êtes reconnus? Ce n'est que le début et ça se passe ici...

À ne pas manquer: les épisodes aux WSOP, où Corbin doit absolument participer à l'épreuve réservée au personnel des casinos et où il rencontre Gavin Griffith. À mourir de rire. Mais pas autant que lorsqu'Harold fait son apparition...

9 décembre 2009

poker et football (2)

-la suite de cet article plein d'ironie des excellents Cahiers du Football-

Check
Syndrome Ligue 1. Ne pas attaquer, ne pas prendre de risque et attendre de pouvoir contre-attaquer si l'adversaire se découvre.

Check/raise
L'adversaire à osé rentrer à cinq dans votre moitié de terrain. Le punir d'une contre-attaque (voir reraise).

Overbet
Treize millions pour Karim Ziani.

Stack
Nombre de points en championnat.

All-in
Faire rentrer trois attaquants quand on est mené et qu'il reste dix minutes à jouer (cf. Albert Emon).

Limper
Se contenter de suivre une action sans attaquer (cf. Gregory Bourillon).

Fish
Pigeon qui va se faire plumer. Le gars qui a pris l'abonnement Orange.

Tough player
Nancy. Solide mais pas drôle à jouer ni à regarder.

Pocket pair
Une doublette de rêve Chamakh-Cavenaghi. Beaucoup de gens ne savent pas les jouer.


Set, trips, three of a kind
Un brelan. Ben Arfa, Niang, Koné. Ça marche en général très bien et quand ça perd, on est fou de rage.

Drawing dead
Quel que soit le tirage, vous êtes mort. Lyon avant le tirage au sort des huitièmes de finale de Ligue des champions.

Snap Call
Jouer sans réfléchir. Mathieu Valbuena.

Rush
Bonne série de coups qui s'enchaînent. Le Stade rennais pendant la moitié de la saison.

Down swing
Chute brutale des bénéfices. Le Stade rennais pendant l'autre moitié de la saison.

Freeroll
Tournoi sans mise préalable qui permet de gagner un peu d'argent. En théorie seul le premier en gagne vraiment. La Coupe de France.

Bounty
Une prime sur la tête d'un joueur qui vaut des points même en cas de défaite, l'objectif est de le sortir. Van Bommel au marquage de Messi.

Chip race
En tournoi, opération par laquelle on remplace les jetons de petite valeur devenus inutiles par des jetons de valeur supérieure. Mercato des clubs anglais.

Commited
Avoir engagé tellement de jetons dans un coup qu'on est obligé d'aller au bout et de mettre tout le reste. Ben Arfa dribble trois adversaires, se retrouve seul au sein de la défense adverse, et doit continuer à dribbler. Ces coups se terminent mal, en général.

Joueur sponsorisé
Joueur talentueux qui, à force de travail, se fait remarquer par une grosse écurie et signe un contrat juteux. Il peut alors relâcher tous ses efforts. Recrue de l'OM.

Under the gun
C’est le premier à parler, mais il gagnerait à se taire vu sa position. Arsène Wenger.

Garbage
Une main injouable. Retourner ses cartes et voir Everton-Souza.

Blinds / Surblinds
Les deux joueurs situés à droite du donneur. Ils ont investi plus d'argent que les autres dans le coup mais ne savent généralement pas trop quoi en faire. Tout le monde veut les taper à la première occasion et tout finit généralement mal pour eux. Marseille, PSG.

Runner runner
Non, ce n’est pas Bernard Mendy. Revenir de loin grâce à deux cartes miraculeuses au dernier moment. France-RFA 1982.

Pot control
Profiter de sa position pour neutraliser le jeu. Bordeaux version Ricardo.

Button / dealer
En position idéale, il est le mieux placé pour remporter le coup. On a l’impression qu’il nous vole de quelque chose. Tout le monde le regarde de travers quand il bouge, mais tout le monde voudrait sa place. Lyon.

Jouer on tilt
Être fou de rage après avoir perdu un coup qu'on pensait gagner. Cyril Rool.

Slow Play
Ne pas trop montrer sa force pendant le match, et attendre les derniers instants pour obtenir un penalty transformé par Bernard Mendy.

Cash in
Le montant qu'on décide de miser. François Pinault mise 21 millions d'euros sur Severino Lucas.

Cash out
Le montant qu'on retire. François Pinault laisse Severino Lucas partir libre au FC Tokyo.

Être In the Money
Faire partie des joueurs qui retireront de l'argent d'un tournoi. Les clubs anglais.

Payer cher son tirage
Devoir mettre beaucoup d'argent pour obtenir un résultat incertain lors d'un gros coup. Recruter Luyindula à douze millions d'euros pour remplacer Didier Drogba afin de jouer la Ligue des champions.

Bad beat
Une passe en retrait de Camara à Landreau


Gros bad beat
En heads-up d'un tournoi multitables télévisé, c'est votre heure de gloire, cela fait des années que vous attendez un titre majeur. La partie est bien gérée, solide, vous jouez mieux que votre adversaire, la victoire ne peut pas vous échapper... et vous vous prenez une frappe de trente mètres de Vikash Dhorasso.

Broke
Ne plus rien avoir à miser. Relégation par la DNCG.

Donkey
Participant croyant à tort avoir toujours un bon jeu et qui est rapidement le premier à sortir. Le RC Strasbourg.

Article reproduit avec l'autorisation de la rédaction des Cahiers du Football;  
Tous droits de reproduction sont soumis à autorisation préalable cette dernière. 2009, Les Cahiers du Football, tous droits réservés.