13 octobre 2009

Xewolls : je suis le roi!...

...pour quelques heures!

Le lundi, comme vous le savez, c'est freeroll. Deux au programme hier, celui de la communauté Swissholdem et une manche de la Xewoll League, oeuvre de l'infatigable Xewod, qu'on ne présente plus. Un peu dans l'esprit du poker-plaisir que décrit Lesage dans son dernier post, j'ai toujours un grand plaisir à jouer ces épreuves, surtout qu'elles génèrent un classement sur plusieurs manches.

La manche Swissholdem se déroule bien, je me retrouve dans le top 10 avec une trentaine de joueurs restants, sur les 150 de départ, je gère. S'ensuivent deux coups qui entraîneront ma chute, deux coups que l'on se doit de gagner pour pouvoir espérer bien figurer dans l'épreuve. Je perds d'abord un coinflip (99 vs QJ) contre un adversaire qui possédait la moitié moins de jetons que moi, pour finir par me faire éjecter du tournoi sur une autre confrontation, cette fois largement en ma faveur preflop (QQ vs A8). Je termine 20è, engrange 0.7$ et quelques points au classement.

Je joue le Xewoll en même temps. 598 joueurs au coup d'envoi. Un tout autre field. Je parviens très vite à profiter des largesses de la défense adverse durant les premiers niveaux pour monter un joli stack (de 1'500 à 7'000), pour ensuite gérer cet avantage en rentabilisant mes bonnes mains. Je vais ainsi, au fil des heures, parvenir à consolider mon stack autour des 15 - 20'000 jetons, ce qui me sera suffisant à peu de choses près pour me hisser en demi-finale. Je double une fois et m'assied en TF avec 40k devant moi. Je joue serré, attends les bonnes opportunités et, après quelques coups qui m'ont fait rester dans la partie, nous ne sommes plus que 6 et là, je double. Je passe chipo à 4 joueurs et marche sur la table à ce moment-là, bien aidé par les cartes (tous mes tirages rentrent, je flop des brelans en veux-tu, en voilà) il faut le dire. Je monte à 520k lorsque nous ne sommes plus que trois en entame les head's up avec 650k jetons contre 220k à mon vilain du jour. Je profite de la passivité adverse pour gérer mon avantage, quand je perds un premier coinflip (KT vs 55) et abandonne le chiplead. Me retroussant les manches, je parviens à rétablir la parité quelques dizaines de mains plus tard, pour finalement boîter avec 66. Vilain me calle avec 77, je le couvre, mais pas de beaucoup. Un 6, chatté à la river, me fera gagner le coup, et le tournoi. 25$ dans l'escarcelle et un joli succès d'estime, toujours bon pour l'ego. Heee-haaawww!

Je suis très heureux de cette victoire, car un tournoi est un tournoi, freeroll ou pas, et, quand même, se dire qu'on vient de battre 597 joueurs est un sentiment jouissif. Par contre, pour citer l'un de mes adversaires en table finale, je suis un peu frustré d'avoir "chatté sur le mauvais tournoi", puisque le gain financier est insignifiant (pour info, je jouais hier encore deux tournois payants [33$ et 11$+R] en même temps, qui me verront traverser un désert de cartes pour finalement sortir en perdant un coin [AK vs 44] et un 70-30 [AK vs AJ] dans le premier cinquième du classement [ou top 20% des joueurs]). Mais une victoire est une victoire, et il n'y a qu'elle de belle, non?

Ceci est une couronne. En même temps, c'est pas comme si je savais dessiner...

12 octobre 2009

Les racines des mots sont-elles carrées?

À partir de mon mini-challenge sit'n go turbo, j'ai essayé d'analyser ma façon de jouer sur ce genre d'épreuve, que voici en compte-rendu...
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est important de se pencher quelques secondes sur la structure des SNG turbos d'Everest Poker. 1'000 jetons de départ pour des levels de 4 minutes. L'augmentation des blinds apparaît comme suit: 5-10, 10-20, 15-30, 20-40, 30-60, 50-100, 75-150, etc. Il se déroule donc 24 minutes avant d'arriver au palier fatidique de 75-150. Pourquoi fatidique? Tout simplement parce que, à ce moment-là, et qu'importe le nombre de joueurs encore en lice, il sera très rare d'avoir des tapis supérieurs à 10-12 BB. Et il n'y a, sur la table, que 40 BB en tout. En gros, c'est à partir de ce niveau-ci que les choses sérieuses vont commencer et que les décisions que vous prendrez vous mettront dans l'argent. Ou pas. Le tout est, premièrement, de survivre jusqu'à ce moment-là. Parce que après, il faut bien l'avouer, la part de hasard augmente en importance.

Les premiers niveaux (5-10 => 30-60)

L'objectif principal, à mon sens, est de pouvoir arriver au level 50-100 avec mon tapis de départ ou plus. Si les situations ne s'y prêtent pas, je ne vais pas jouer une main. La tactique de jeu qui me semble la plus adaptée est donc ici une variante du jeu TAG, que je vais nommé le TTAG (très tight agressif). Preflop, la table est très loose passive (en tout cas jusqu'à 30-60) et il n'est pas rare de voir un flop en compagnie de 4 autres joueurs. Je ne vais dans ces cas-là relancer que mes très bonnes mains (99+; AQ+) et ne pas insister si j'accroche un adversaire après la turn. J'ai été plus d'une fois très surpris de découvrir la main de vilain à l'abattage: poubelles et autres rags sont souvent de la partie. Je n'insiste pas, donc, et si je ne suis pas "max" ou presque, je pot control un maximum. Ce qui implique de jouer la majorité de ses coups en position. C'est aussi ça le secret de ce genre de SNG, jouer en position. Tout amateur éclairé de poker comprend l'importance de ce concept, mais, vu la structure particulière de l'épreuve, il donne ici tout son sens. Hors de position, il deviendra très difficile de gérer le coup, surtout sur ce format, sur cette room où, mis à part quelques regs (regulars, ou réguliers) qui jouent plutôt de manière académique, le jeu large agressif (LAG) est roi.
Le côté souvent passif des premiers niveaux implique également de bien calibrer ses relances ou 3-bet. Une relance à 30 ou 40 sur des blinds à 5-10 ne découragera pas la majorité des joueurs de ces sng, et une relance supérieure entraînera souvent la suspicion de l'un des vilains qui payera pour éventer votre move. C'est pourquoi cet exercice se révèle difficile dans les premiers niveaux. N'hésitez pas à faire payer vos monstres. Il en est de même pour le 3-bet pour lequel je conseille de taper fort, 4 ou 5 fois le bet en standard, plus en squeeze. En situation de squeeze durant ces premiers niveaux, je 3-bet souvent all-in avec mes premiums, histoire de rentabiliser au maximum la force de mes mains.
Ne jouer que ses très bonnes mains n'implique bien évidemment pas forcément le fait de ne pas être à l'affût de toutes les occasions de faire des jetons qui se présentent. Si la cote, la position ou le profil des vilains le permettent, il n'y a pas de mal à se faire du bien en jouant par ci et par là quelques pocket et/ou suited connectors; mais toujours de façon agressive, j'insiste. Cependant je mettrais un bémol sur la notion de cote dans ce type d'épreuve: elle ne justifiera jamais à elle seule, à mon sens, de se séparer de quelques jetons avec any two ou presque. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, dans ces premiers niveaux, je ne complète quasiment jamais la SB, même si tout le monde a limpé devant moi. Y compris avec des connecteurs assortis. D'une manière générale, dans le jeu 6-max, je n'aime pas limper, c'est souvent raise, 3-bet ou fold preflop.
À partir du niveau 30-60, le jeu se modifie légèrement. Les relances sont un peu plus respectées; il est vrai que, souvent, il restera 5 ou 6 joueurs et que les tapis ne sont plus prfonds du tout. Un bet à 180 fait déjà son effet. C'est ce niveau que je choisis en général pour élargir ma range de raise preflop. Dans l'idée, j'ai toujours, à ce moment-là de la partie, un tapis qui avoisine les 900 jetons (et plus, s'il n'y a pas eu de mauvaises rencontres avant...) et il est temps d'empiler un peu pour subvenir à ses besoins lorsque des temps plus rudes seront venus (niveaux 50-100 et suivants...). Je vais open-raise avec 77+, A8s+et tous les broadways. Selon la texture du flop, il faudra décider ou non de perpétrer un continuation bet. Sur ce point, je conseillerais de bien analyser le board avant de se décider. Certains joueurs aiment automatiquement better le flop après avoir pris l'initiative preflop, mais dans les turbos, il peut s'avérer fort dommageable de pratiquer à outrance le cbet, car, quand on se mange un reraise à tapis en face (et ce n'est pas rare dans ce format et avec ce nombre de jetons), il est très, très difficile de suivre avec air. De même qu'il est très difficile de se coucher et de rester dans le tournoi avec 600 jetons et moins. Bref, j'élargis ma range d'open-raise, mais pas de call. Par contre, ma range de 3-bet devient un peu plus serrée (JJ+, AQs+, AKo), car je ferai ce move à tapis uniquement.

[bientôt, la suite..]

10 octobre 2009

Croque la pomme

Les utilisateurs de la marque à la pomme ont de quoi se réjouir. En effet, deux rooms viennent de lancer leur logiciel client pour mac. Il s'agit de PKR et d'Ultimate Bet, qui viennent rejoindre les rooms du réseau Ongame, Pokerstars et Fulltilt sur les machines Apple. Je suis content de pouvoir de plus en plus profiter de la diversité de l'offre sans devoir jouer sur mon netbook au tout petit écran.

À noter qu'UB, malgré sa réputation sulfureuse, propose une des meilleures structure de tournois et de SNG du web, et c'est pas rien. Quant à PKR, même si la qualité du jeu n'est pas au rendez-vous, il peut faire l'objet d'une pause "fun" dans une journée poker bien remplie...

7 octobre 2009

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde

- Mais c'était quoi ce challenge sit'n go dont tu nous a parlé dans ton dernier post?
- Bon, ok, je t'explique...

Suite à mon bon feeling sur Everest Poker, je décide de me lancer un petit défi personnel dans une discipline que je ne maîtrisais pas forcément, le sit'n go turbo à 6 joueurs. Même si j'affectionnais beaucoup le jeu short handed, j'ai souvent décrié la structure trop rapide de ce genre d'épreuves. Mais voilà, je me sentais à l'aise sur EP et mes premières tentatives sur le site se sont rapidement avérées fructueuses. Avec ma bankroll fraîchement montée sur cette room dans le courant du mois d'août (1'000$), je me fixe comme objectif de jouer 100 sit'n goes 6-max turbo à 22$ l'entrée. J'ai atteint ce total avant-hier et voici, en première régionale, le résultat:


Dire que je suis satisfait relèverait de l'euphémisme, certes, mais je ne suis pas entièrement comblé par ce résultat, surtout à cause de la façon dont j'ai joué les 10-15 derniers tournois. Si on ajoute à ce fait un retour remarqué de la variance (pas d'bol, en clair), je pense que j'aurais pu clairement afficher maintenant un ROI plus grand. Je ne vais absolument pas niaucher cependant, parce que, sur Everest, je suis un shark. Éh oui, c'est comme ça, dans cet environnement particulier, sur ce nombre précis de SNG, je suis au sommet de la chaîne alimentaire... Jusqu'à quand? Je ne peux répondre à cette question, mais aujourd'hui, c'est mon petit quart d'heure de gloire. Et, par expérience, je sais que cela ne va pas durer...

Dans le prochain billet, je vous parlerai de mon expérience sur ce type d'épreuve, en analysant la stratégie que j'ai employée et la façon dont elle s'est modifiée au fur et à mesure des parties.



À part ça, il y a un helvètisme et un poète à retrouver dans ce post. Bonne chasse...

4 octobre 2009

Pas la tête à ça...

On rigole, on rigole, mais pendant ce temps, ça fait un petit moment que je ne me suis pas plié aux obligations d'un bon blogger consciencieux, c'est-à-dire venir régulièrement poster des messages. Plusieurs raisons à cela:
1) J'ai un petit peu moins envie de jouer ces temps. Un petit challenge sit'n go (dans le prochain post, j'explique, promis!!) que je me suis imposé, sinon rien ou presque rien. Je n'ai joué aucun MTT online, si ce n'est 2 ou 3 freerolls. 2 tournois en live, où je buste sur des conneries de donk en semi-tilt. Je me remettrai peut-être aux tournois sur le net dès ce soir. Mouais, en même temps faut voir. Par contre, gros tournoi live samedi prochain. 300 + 50CHF pour un field de 324 joueurs, ce qui devrait un peu plus de 20k pour la win. Je joue le day 1A. J'espère bien figurer au classement final de cette épreuve qui nous offre une structure très agréable (20'000 de départ, 1er level à 25-50, rounds de 45') pour un tournoi régional. Je salive à l'avance en m'imaginant tripotant mes jetons pendant deux jours, si tout va bien.
2) Le temps me manque. J'ai déménagé, rien n'est fini chez moi encore. J'ai repris mes études en taffant à 50%. À bientôt 33 ans... Je suis un éternel ado. La saison de hockey sur glace a repris en fanfare. Je suis abonné et je vais avec grand plaisir voir les matches, même si ce début de championnat est une torture pour tous ceux qui encouragent l'équipe dont je suis fan. Tôle sur tôle. Et même pas une petite baston de temps en temps pour se diveritr... J'ai quelques projets en développement, notamment à propos d'un podcast, et j'adore toujours autant aller boire un apéro avec mes amis. La Ligue des Champions a repris ses droits et j'ai à nouveau énormément de plaisir à regarder et disséquer les matches. Du coup, je joue moins.

Allez, avant de vous quitter deux bonus. Le premier est une main disputée en live au début du mois où j'effectue un tough call, notamment grâce aux considérations du metagame (Vilain me parle pendant ma réflexion; je le connais un peu en tant que joueur de cash et il est le fondateur de l'une de deux communautés de joueurs en Suisse romande [là où parle le français]). Quant au deuxième, je vous laisse le découvrir.

les blinds sont de 200/400
il reste ~25 joueurs.
l'average est de 14'500.
mon stack: 9'000
_squAces_'s stack: 17'000

_squAces_ en position utg relance à 1'000,
tout le monde couche jusqu'à moi au co avec 77,
je call et le bb call également

pot à 3'200, le flop est

le bb check,
_squAces_ check,
je bet 2'000,
le bb fold,

pot en cours à 5'200
_squAces_ analyse le coup puis, après une petite minute, envoie tapis à 16'000, Mon stack est de 6'000, je réfléchis et, après qu'un jouer a demandé le "time", je calle. Squaces montre AKoff, et j'emporte le coup, la turn et la river n'amenant ni As, ni Roi. Pour la petite histoire, je finirai ITM de ce tournoi, à la 4è place.







C'est un classique, mais je ne m'en lasse pas...